Pénibilité au travail : Attention à ne pas se tromper d’enjeu.

Vous le savez, la réforme des retraites introduit plusieurs dispositions dans les Codes du Travail et de la Sécurité Sociale concernant la pénibilité au travail. Ces dispositions ont pour objectif de prévenir la pénibilité dans les entreprises, d’assurer une meilleure traçabilité de l’exposition professionnelle des salariés aux facteurs de pénibilité et de permettre un départ à la retraite à 60 ans pour les salariés les plus exposés (sous certaines conditions : taux d’incapacité permanent supérieur à 20% ou situé entre 10 et 20 % après 17 années d’exposition à des facteurs de risques professionnels, le lien de cause à effet étant prouvé).

Qui est concerné ? Toutes les entreprises, quel que soit leur effectif, pour ce qui est de la traçabilité  de l’exposition de leurs salariés à un ou plusieurs facteurs de pénibilité ; les entreprises de plus de 50 salariés, par la mise en place d’un accord ou plan d’action « pénibilité », si plus de la moitié de leur effectif est exposé à un ou plusieurs facteurs de pénibilité.

Pourquoi ce renforcement de la réglementation ? Le rapport entre la natalité et l’espérance de vie fait que notre population française vieillit. L’espérance de vie augmente (81,5 ans en moyenne), ce qui classe la France au 8ème rang mondial, ce qui est une bonne nouvelle, avec cependant une double disparité, liée au sexe (85 ans pour les femmes, 78 ans pour les hommes), et à la catégorie socio-professionnelle (76 ans pour un ouvrier, 85 ans pour un cadre). Par contre, ce vieillissement de la population pose donc de manière accrue la problématique du financement des retraites…ce qui est semble-t-il un sujet d’actualité…

 Autre moins bonne nouvelle, elle concerne l’EVSI (Espérance de Vie Sans Invalidité). Le joyeux sigle « EVSI » peut aussi être défini comme étant la durée moyenne que l’on peut espérer vivre sans être affecté de maladies chroniques. Et là, la situation est moins brillante, selon l’INED (Institut National des Etudes Démographiques), la performance française serait en recul significatif (62,7 ans en 2008, 61,9 ans en 2010). D’où la question, attention à ne pas se tromper d’enjeu.

La problématique étant ainsi posée, deux grandes orientations se proposent aux entreprises, avec bien sûr la possibilité de trouver une graduation intermédiaire à la main du dirigeant ou de son délégataire :

Faire en sorte de satisfaire la contrainte règlementaire, de mettre en place administrativement les réponses requises pour un traitement ad hoc de l’usure au travail. Cette solution a le mérite d’être la plus rapide et la moins chère… à court terme ; puisqu’il faudra bien en final, d’une manière ou d’une autre, payer le coût social de l’usure au travail.

Surfer sur la thématique pour initier un réel changement au sein de son entreprise sur un mode investissement en initiant une véritable politique de prévention, en matière de sécurité, même si l’on peut dire que, sur ce thème, beaucoup de choses ont déjà été faites, mais aussi en matière de santé au travail. La démarche risque d’être longue, complexe, fastidieuse, mais « Oh combien » salutaire. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’au-delà de la technique, les valeurs associées à la prévention : « le respect de la personne, la transparence, le dialogue social » sont les valeurs de l’entreprise qui réussit ; on les appelle aussi les valeurs sociétales… L’enjeu est de taille, alors, avons-nous réellement le choix ?

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